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Incarcération

Elles se battent afin d’obtenir la libération de leur frère écroué aux Etats-Unis

Pascale Égré | 03.04.2009, 07h00

L’Amérique était son rêve. Elle est devenue sa geôle. Sur la pancarte qu’elle entend brandir aujourd’hui lors des manifestations de Strasbourg à l’attention du président Barack Obama, Halima supplie en grandes lettres : « Libérez mon frère Noureddine Malki ! Où est la justice ? » L’histoire de ce ressortissant marocain, dont les cinq frères et soeurs sont devenus français quand lui avait choisi les Etats-Unis pour patrie, est édifiante.

Depuis cinq ans, Noureddine Malki, 49 ans, est incarcéré dans des prisons haute sécurité. Cet ancien traducteur de l’armée américaine en Irak, loué par ses supérieurs, a été accusé « d’usage de fausse identité » et de « détention de documents stratégiques ». En mai 2008, il a été condamné, pour ces faits, à dix ans de prison.

Depuis, ses aînées, Halima et Sonia, qui clament son innocence, n’ont cessé d’alerter autorités, élus et associations, des deux côtés de l’Atlantique et au Maroc. Jusqu’ici en vain. « Obama est notre seul espoir ! » soufflent-elles avant d’expliquer : « Notre frère a commis une seule erreur. En 1999, il s’est laissé convaincre de payer 2 000 $ pour des papiers. Pour ce, il lui fallait se dire Libanais… Un jour, en Irak, il a été blessé grièvement à une épaule. Il a été rapatrié aux Etats-Unis et soigné dans un hôpital militaire. Il a eu si peur de mourir qu’il a décidé de dire la vérité… Il a donc lui-même révélé son mensonge à l’armée. »

Déchu de sa nationalité

Dans les jours qui suivent, l’appartement new-yorkais de Noureddine Malki est perquisitionné par le FBI. Dans l’ordinateur figurent les documents en cause.
Incarcéré à New York, Noureddine Malki passe six mois à l’isolement, « réveillé plusieurs fois par nuit et plongé dans le noir », relatent ses soeurs. Défendu par un commis d’office, il se laisse convaincre d’opter pour la procédure, censée plus rapide, du plaider-coupable. « Mais il a toujours expliqué qu’il ignorait qu’il n’avait pas le droit de détenir ces documents », souligne Halima, pour qui les enquêteurs ont « voulu trouver un prétexte. » « Il est d’origine arabe, musulman, forcément coupable ! » dénonce-t-elle. Les comptes rendus d’audience d’un chroniqueur judiciaire du « New York Sun » abondent en son sens. Malgré le défaut d’éléments, Noureddine écope de lourdes peines : douze mois pour son mensonge, cent vingt et un mois pour les documents. Et il est déchu de sa nationalité américaine, obtenue en 2000.
Sur des certificats de recommandation établis en 2004, alors qu’il servait en Irak et voulait décrocher un échelon, les hauts gradés de l’US Army sont plus qu’élogieux. « Noureddine Malki est un patriote. Il a foi dans les valeurs qui ont fait la grandeur de l’Amérique. Il a contribué à la force de (notre bataillon) », écrit un commandant. Le matricule 131-76-1352 était notamment chargé, à l’ouest de Bagdad, de traduire « des documents exploités durant les opérations de combat », « d’interroger les cheiks et imams » et délivrait un cours de « culture irakienne » aux soldats. Il y a quelques jours, depuis l’établissement pénitentiaire de l’Illinois où il a été transféré, il décrit à ses soeurs son inquiétude : un groupe de prisonniers musulmans, inculpés de terrorisme, vient d’être transféré dans sa prison. « Il a très peur, souligne Halima.
Que lui feraient-ils s’ils découvraient qu’il a servi l’Amérique ? »

Le parisien,

 

Noureddine El Malki : Une erreur judiciaire américaine ?

6 avril 2009

Vivre le rêve américain en prison ? C’est possible. Depuis octobre 2005, Noureddine Malki, accusé “d’usage de fausse identité” et de “détention de documents stratégiques”, croupit en prison aux Etats-Unis. Sa famille tente de faire libérer cet ancien traducteur de l’armée américaine.

Début des années 1990. Un jeune marocain, la trentaine, débarque aux Etats-Unis. Plein du rêve américain, Noureddine Malki travaille quelques années au noir pour un journal gratuit, puis comme chauffeur de taxi, un des célèbres yellow-cabs new-yorkais. En 1993, c’est dans une épicerie qu’il gagne sa vie. Il s’est associé à une connaissance pour ouvrir la boutique qui est dorénavant son gagne-pain.

A l’époque, une vague massive de régularisations de ressortissants libanais qui avaient fui leur pays en guerre, pousse certains avocats à proposer des services bien étranges à leurs clients clandestins : les aider à régulariser leur situation en leur conseillant de se dire Libanais, et leur fournir de faux papiers attestant de cette nationalité.

Irrégulière régularisation

C’est ce qui va arriver à Noureddine Malki. “Il a fait une grosse erreur, il le reconnaît”, plaide sa soeur Sonia, son aînée qui vit en France. Ce mensonge offre de nouvelles possibilités à Noureddine qui désormais en situation régulière, va chercher un vrai travail. En 2004, en plein guerre d’Irak, il est candidat à un poste de traducteur pour l’armée américaine et rapidement embauché. “Mon frère parle arabe, français et anglais. Il est parti du Maroc avec une maîtrise d’anglais. Il a rapidement trouvé du travail comme interprète pendant cette guerre”, explique sa soeur.

Le nouvel interprète travaille en Irak pour l’armée américaine sous sa nouvelle identité libanaise, Nour El Maliki. Il voit plusieurs de ses collègues tomber durant cette guerre, aussi, le jour où il est grièvement blessé, il décide d’avouer son mensonge…au cas où lui aussi mourrait. Car, explique Sonia Malki, “s’il était mort là-bas, sous son identité d’emprunt, nous ne l’aurions jamais su”. Cet aveu lui coûtera cher. Son appartement est perquisitionné par le FBI (Federal Bureau of Investigation) qui trouve dans l’ordinateur de Noureddine Malki des “documents stratégiques”. Incarcéré à la prison de Brooklyn, accusé “d’usage de fausse identité” et de “détention de documents stratégiques”, dont le Bureau pense qu’il voulait les utiliser à des fins d’espionnage, il est déchu de sa nationalité américaine, et délesté du diplôme en informatique qu’il avait décroché dans une université américaine.

Prison et isolement

Octobre 2005. Durant les 6 premiers mois de son incarcération, les proches de Noureddine ne savent pas où il se trouve. Seul un événement met la puce à l’oreille de sa famille :”des policiers sont allés chez mon père à Casablanca pour prendre le livret de famille, qu’ils lui ont rendu une semaine après”, se rappelle Sonia.

Ces premiers mois sont terribles. “Il était en isolement, réveillé toutes les 3 heures, continuellement exposé à la lumière. Quand je suis allée le voir, il était jaune. Il avait une blessure sur son crâne rasé”, accuse la grande soeur. “Il a même été transféré au 9ème étage de la prison, celui des criminels dangereux”, s’insurge-telle. Selon elle, même le juge qui a présidé le procès de Noureddine aurait reconnu n’avoir aucune preuve des intentions de mauvaise utilisation par le traducteur des documents qu’il possédait.

Revendications

Pourtant, il s’en est pris pour 10 ans. Aujourd’hui, Noureddine se trouve dans une prison de l’Illinois, “une deuxième Guantanamo dont on ne parle pas”, dénonce Sonia. Une prison réservée quasi exclusivement aux personnes “accusées ou inculpées de terrorisme”, s’inquiète sa famille.

Sonia interpelle maintenant l’Etat marocain : “le Maroc doit aider ses sujets ! D’anciens prisonniers de Guantanamo on été libérés, mais mon frère est toujours en prison !”

Décidée à aller jusqu’au bout, Sonia se fait la porte-parole des revendications de son frère. Tout d’abord, il ne veut pas être extradé vers le Maroc, car il y est revenu quelques fois sous sa fausse identité, et craint la réaction des autorités. Ensuite, il souhaite qu’on lui permette de vivre dans la légalité aux Etats-Unis – à défaut de lui redonner la nationalité américaine – une fois qu’il aura été libéré.

Pour se faire entendre, Sonia Malki se rendra très bientôt en Normandie, dans le nord de la France, pour la commémoration du débarquement américain qui a marqué la fin de la 2ème Guerre Mondiale. Le tout nouveau président américain y sera. Toute la famille Malki, qui a tenté de le voir à samedi à Strasbourg, (est de la France), lors de son récent passage, est bien décidée à attirer son attention ce jour-là.

Source : Au Fait Maroc – Laïla Ziraoui.

 

Mystery Deepens Over WMD Documents

By JOSEPH GOLDSTEIN, Staff Reporter of the Sun | February 6, 2008

 

How the classified military documents from Iraq, which named the coordinates of where the Army suspected weapons of mass destruction to be hidden, ended up in an Arabic translator’s apartment on Hoyt Street in Brooklyn, is clear.

Not likely to be known anytime soon is what, if anything, the army contractor did with the documents.

The U.S. attorney’s office in Brooklyn, which is prosecuting the case, appears to have little direct evidence that Noureddine Malki passed information on to the insurgency, either during his time in Iraq in 2003 and 2004, or upon his return to America in 2005. But it has raised the possibility that he may have done so. The government has said Malki regularly called phone numbers connected to insurgents and took bribes of at least $11,500 from Sunni tribal leaders.

The government, prosecutors wrote in one court filing, could “establish that the defendant had an opportunity to provide stolen classified information to anti-coalition forces.”

Yesterday, at a hearing in U.S. District Court in Brooklyn, an Army officer with the 82nd Airborne Division described some of the reports that Malki had obtained. “The information is so critical that you do not want the information to get into the hands of anyone without the need to know,” Lieutenant Colonel Michele Bredenkamp said, referring to a mission analysis report for the 82nd Airborne, to which Malki was attached. The document, among other things, described convoy routes and named known terrorists the Army was targeting. Between 60 and 70 individuals had authorization to view the document, which could be accessed through a secure computer, Colonel Bredenkamp testified.

“Would this be the type of thing for a soldier to take for a keepsake?” a prosecutor, John Buretta, asked.

“That’s absurd,” Colonel Bredenkamp said.

Malki has pleaded guilty to charges of unauthorized possession of national defense information. He is likely to be sentenced this spring. Prosecutors are seeking a 10-year sentence. Malki’s lawyer, Mildred Whalen, is calling for him to be released on time served.

In court papers, Ms. Whalen has claimed that documents Malki “had in his possession were obtained or kept unknowingly.”

In a short phone interview from prison last year, Malki told The New York Sun: “I never had bad intentions whatsoever.”

“I loved this country more than them,” he added, though it was not entirely clear to whom he referred. “I served this country in Iraq and they didn’t.”

Malki, a native of Morocco, immigrated to Brooklyn in 1989, his sister, Sonia Malki, said in an interview. While two of his siblings earlier moved to France, Malki decided to set out for America, after living in Paris for three months in 1989.

“This is not a terrorism case,” Ms. Malki said. “This could happen to any immigrant.”

Malki did not initially land on his feet in this county. He was homeless for a time. At one point he drove for a car service. A passenger robbed him, hitting his head so hard that he fell into a coma, Ms. Malki recalled.

Ms. Malki, who lives in France, said her brother went to Iraq as a translator out of gratitude to America, which gave him citizenship in 2000.

“In the end he has done a good job for this country,” she said

 

 

 


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